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Exposition

Comme des soleils en fin de ciel
Collection FRAC Limousin
Scoli Acosta, Andreas Dobler, Franck Eon, Julian Opie, David Renaud, Daniel Schlier.
Exposition réalisée avec la participation des élèves de 1ère Histoire des Arts du Lycée d’Arsonval

du 16 avreil au 1er juin Chapelle Saint-Libéral

 

 

 Le thème générique de cette exposition est la science-fiction. Genre littéraire apparu au XIXème siècle et relayé notamment par la bande dessinée et le cinéma, la science-fiction a connu son heure de gloire durant les années soixante et soixante-dix du XXème siècle, avant que la linéarité de l’histoire et du progrès ne soit remise en question.
Les oeuvres présentées dans cette exposition sont essentiellement des peintures de paysage.
Elles montrent comment certains artistes d’aujourd’hui fabriquent des hypothèses picturales à partir de la culture visuelle de leur génération et des nouveaux outils disponibles, l’ordinateur essentiellement, et aussi la sensibilité des plus jeunes à l’écologie, à travers l’exemple de Scoli Acosta, notamment.
Connu pour ses recherches picturales et sculpturales autour de la réduction par ordinateur de photographies en reproductions figuratives, l’anglais Julian Opie (né en 1958) a connu très tôt le succès. Les deux petits paysages urbains présentés ici ont été minutieusement peints à l’acrylique sur panneaux de bois à partir de photographies qui montrent la ville de Londres vue d’avion. A cette époque, l’artiste a également réalisé une série de peintures murales simplifiées, « Imagine you are … », à partir d’activités telles que conduire, marcher, grimper.

La démarche de Daniel Schlier (né en 1960) est celle d’un peintre qui aime combiner les images. Sa manière « virtuose » de renouveler la technique traditionnelle de la peinture sous-verre lui a permis de développer un langage singulier. Tous les gestes habituels du peintre sont anticipés et s’enchaînent à rebours, la touche finale devenant la première. Ici, il suggère la métaphore d’un paysage de haute montagne partiellement coloré qui se met à rêver, à se remémorer son passé.

La recherche de Franck Eon (né en 1961) joue du va-et-vient perpétuel entre la peinture et l’image numérique. Il peut animer des peintures (dans le prolongement des dessins animés) ou peindre des images d’écran. Le tableau présenté est le dernier d’une série de quatre qui montre une étrange scène imaginaire. Un paquebot de croisière s’approche et semble sortir du cadre au premier plan. Il s’éloigne d’une île où l’on reconnait un bâtiment emblématique du Futuroscope de Poitiers tandis qu’à l’arrière, une fumée noire et rouge monte dans le ciel. A l’ère du tourisme généralisé, tout a l’air calme et serein, malgré l’incendie.


Andreas Dobler (né en 1963) a d’abord été illustrateur au début des années 80 et a copié de célèbres images de science-fiction, qu’on dénomme souvent « vues d’artistes », avant de se former à l’architecture. Ses tableaux sont des mélanges hypnotiques qui conjuguent des images, des matériaux et des techniques parfois contradictoires. Ainsi, le tableau « Krylonit » (1998), montre une forme épaisse et pâteuse qui semble flotter sur un espace noir et blanc à la perspective vertigineuse.

L’ensemble d’oeuvres de David Renaud (né en 1965) permet de saisir l’évolution de sa recherche picturale vis-à-vis du paysage. Formé à Grenoble, le jeune peintre s’est d’abord essayé au motif camouflage à la fin des années 80. Motif qu’il reprend en 1989 lorsqu’il peint « Paysage français 1950 », avant de commencer un programme de peinture très défini : repeindre (de préférence en vert) les zones forestières figurant sur les cartes géographiques éditées par l’IGN. Puis, utilisant une technique picturale linéaire, dite « spaghetti », inspirée de l’art optique des années 70, l’artiste réalise des environnements ou des tondi qu’il montre à l’horizontale et en rotation sur eux-mêmes. A la fois inspiré par la science-fiction cinématographique (des films comme « Predator » (1987) ou
« Total Recall » (1990) et par l’histoire de la peinture abstraite, ses recherches sont de troublants échos aux technologies contemporaines de la géolocalisation.

Le californien Scoli Acosta (né en 1973) est un artiste pluridisciplinaire qui utilise tous les outils à sa disposition (sculpture, peinture, dessin, vidéo, son…) selon une logique souvent performative. Ce vaste collage est un moment synthétique d’une fable imaginée par l’artiste à partir de morceaux de murs de briques trouvés au bord de l’océan Pacifique. Ces formes construites et érodées par la mer ont déclenché une série d’oeuvres oniriques où, comme ici, les briques roulées et les têtes de briques rencontrent les dieux solaires.
Après les spéculations des années soixante (mondes parallèles, planètes éloignées, …) qui essayaient d’imaginer le futur (voire le présent et le passé) et qui étaient basées sur les connaissances scientifiques et technologiques de l’époque, il semble que depuis les années 90 et le début du nouveau siècle, les problèmes climatiques aient commencé à devenir un sujet de science-fiction.
Y. Miloux, mars 2014.

 

 

 

 

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